La gale

 

Présentation


La gale est une maladie cutanée bénigne due à un parasite de type acarien, le sarcopte scabieux. Selon l’OMS, le nombre annuel de nouveaux cas de gale est de 300 millions. En France, la maladie est très souvent évoquée lors de la constatation par le patient, ses proches ou le médecin d’une atteinte cutanée à type de rougeurs, de sillons et de démangeaisons. Cette courte présentation souhaite donner quelques pistes d’information et de réflexion à propos de cette maladie.

Aspect clinique


Quatre formes cliniques notables :

 

Le parasite de la gale : le sarcopte scabieux


L’agent responsable de la gale est un acarien, Sarcoptes scabei variante hominis.  La gale humaine est spécifique à l’homme et la gale des animaux ne peut pas être transmise à l’homme mais les animaux notamment domestiques peuvent être porteurs du parasite dans leur pelage ou sur leur peau et le transmettre à l’homme.
La gale est une maladie très anciennement connue mais c’est l’invention du microscope qui a permis de visualiser et décrire avec précision le sarcopte en 1657 et identifié en 1834. Passionnante histoire par le Docteur Michel Janier. Il s’agit d’un arthropode (8 pattes). Le sarcopte a un corps globuleux muni de nombreux appendices. Sa taille est d’environ 0.2 mm à 0.3 mm pour le mâle et 0.3 à 0.5 mm pour la femelle.

Une image contenant terrain, animal, extérieur, assis  Description générée automatiquement

Cycle reproductif
L’accouplement se pratique sur la peau l’hôte, le mâle mourant peu après l’accouplement alors que la femelle creuse la couche cutanée pour y déposer ses œufs fécondés.
La femelle creuse des galeries dans la couche cornée de l’épiderme c’est-à-dire juste en dessous de la surface à raison de 2 mm par jour. Présence de sillons irréguliers. La femelle se nourrit de débris ‘épiderme et de sécrétions fabriquées par l’hôte. Sa morphologie l’empêche de revenir en arrière. Elle pond un à quatre œufs par jour et meurt au bout d’un à deux mois.
L’œuf éclot dans la galerie où il a été déposé en 3 à 4 jours donnant naissance à une larve à 6 pattes puis se transformant en nymphe (8 pattes) à la surface de l’hôte et enfin en sarcopte adulte mâle ou femelle. Mâles et femelles s’accouplent immédiatement et un nouvel épisode d’infestation cutanée se produit.  Ce cycle reproductif dure 15 à 20 jours.  Une femelle pond environ 100 œufs

 

dans sa vie mais 90% des œufs ne donneront pas un adulte. Ceci explique qu’un humain héberge en moyenne une dizaine de sarcoptes adulte dans le cadre de la gale commune.

 

Transmission de la maladie
Le seul réservoir de sarcopte scabei hominis est l’homme et la transmission se fait par les femelles nouvellement fécondées. La transmission interhumaine se fait essentiellement (95% des cas) par contacts directs étroits (peau à peau) et prolongés (rapports sexuels ou extrême promiscuité). La transmission par des objets contaminés (literie, linge de toilette, canapés absorbants,  ..) est de 5% environ. Le sarcopte est rapidement affaibli hors de l’hôte et sa durée de vie est alors de 1 à 4 jours. La durée de vie des œufs et des larves au plus faible potentiel contaminant est de 10 jours.  Le temps de survie dépend de la chaleur et de l’humidité ambiante. Une température basse et une humidité élevée favorise la survie du parasite. Le sarcopte meurt quand la température dépasse 55 °C. Les facteurs favorisants la contagion sont donc les contacts physiques rapprochés prolongés (15 à 20 minutes minimum) et fréquents (famille, sport), la précarité sociale, une température basse et une forte humidité. La gale est considérée comme une infection sexuellement transmissible (IST) et une maladie professionnelle.

Manifestations de la maladie.
Le sarcopte ne transmet pas de maladie comme peuvent le faire d’autres parasites (puces, acariens dans la maladie de Lyme ,..) Son danger réside dans la persistance du parasite dans la peau, sa très forte contagiosité et l’apparition de gale hyperkératosique, norvégienne ou autres formes en cas de présence d’un très grand nombre de sarcoptes chez le même individu.

Le prurit : manifestation clinique majeure de la gale. Signe précoce, le prurit est intense et à recrudescence nocturne. Il est au départ localisé aux espaces interdigitaux des mains, la face antérieure des poignets, les fesses, la région inguinale et les aisselles.  Secondairement, il se généralise et provoque des insomnies. Le prurit épargne généralement le visage, le cuir chevelu ; le cou et le dos. Les zones de prédilection du prurit sont :


Le sillon scabieux : la femelle creuse une galerie dans l’épiderme pour y déposer ses œufs. Ces sillons sont sinueux, fins légèrement en relief et mesurent entre 10 et 20 mm.  Ces sillons sont parfois peu visibles
Les vésicules perlées : leur absence lors e l’examen clinique peut être due au grattage. Ces vésicules sont principalement visibles entre les doigts.
Les nodules scabieux : lésons papulaires ou nodulaires rouges ou violacées, très prurigineuses, parfois excoriées par le grattage, principalement situées aux aines, en zone génitale ou sur la paume des mains et des pieds. Il s’agit de nodules cutanés issus de réactions allergiques au sarcopte. Ces lésions peuvent persister longtemps après la guérison de la gale. Le grattage peut permette d’éliminer une partie des sarcoptes mais favorise la dissémination des sarcoptes sur la peau.

Une forme rare de gale : la gale hyperkératosique ou norvégienne. Décrite pour la première fois en Norvège en 1848, il s’agit d’une forme très profuse de la gale avec un très grand nombre de sarcoptes intracutanés. Dermatose généralisée avec rougeur extrême et diffuse de la peau recouverte de croutes squameuses. Plaques épaisses grises, écailleuses apparaissant sr le dos, le visage et le cuir chevelu à la différence de la gale commune. Ce type de gale est plutôt observée chez des patients immunodéprimés ou porteurs de maladies neurologiques.

 

 

Le diagnostic de la gale :  le diagnostic de la gale est souvent difficile mais il conditionne l’opportunité d’un traitement, sa posologie et le suivi. Il repose sur l’interrogatoire précis du patient, l’examen de l’ensemble du corps, la dermoscopie et les examens de laboratoire

 

Les traitements reconnus

 

 

Préparation du corps au traitement

 

 

Traitement de l’environnement :

 

En conclusion, la gale est une maladie très désagréable mais peu dangereuse sauf en cas de pathologie associée et aux extrêmes de la vie. L’arrivée sur le marché en 1999 d’un produit efficace, facile à utiliser et remboursé, le Stromectol, ne doit pas pour autant favoriser des traitements non justifiés et ne reposant pas sur des preuves diagnostiques fiables.

 

 

Sites utiles
http://www.jaipaslagale.com/lagale.html
Gale ou scabiose : texte rédigé par l’Association Française des Enseignants de Parasitologie et Mycologie (ANOFEL) 2014
Histoire du sarcopte et de la gale :  Professeur Michel Janier. 1994

 

 Texte rédigé par le Docteur Christophe BEZANSON.

Mis à jour le 3 décembre 2018